La première édition de la série « OCEAN Global Exchange » s’est déroulée en ligne du 29 septembre au 1er octobre 2026 et a réuni les bénéficiaires de subventions OCEAN, des experts externes ainsi que l’ensemble de la communauté du développement et de la conservation, dans le cadre d’un événement unique dédié au partage des connaissances.
Au cours de ces trois jours, trois sessions ont chacune abordé un thème distinct lié à la conservation du milieu marin et à la lutte contre la pauvreté. Un panel composé de bénéficiaires de subventions OCEAN, de membres du comité d’experts OCEAN et de coordinateurs régionaux du Blue Planet Fund a répondu à des questions clés, suscitant ainsi des discussions enrichissantes et des enseignements concrets. Chaque session s’est ensuite poursuivie par une séance de questions-réponses avec le public, permettant d’approfondir la réflexion sur les sujets d’intérêt.
Au cours de la session n° 1 intitulée« Conservation et moyens de subsistance durables », nos intervenants ont examiné les liens entre la conservation du milieu marin, les moyens de subsistance durables et la résilience des communautés côtières. Voici les principaux enseignements tirés de cette session très enrichissante :
- S’appuyer sur ce que les communautés font déjà.
Il a été souligné que la valorisation des activités existantes, grâce à une amélioration des méthodes de transformation, de la qualité ou de l’organisation, s’avère souvent plus efficace que la création de nouvelles sources de revenus. De nombreuses communautés disposent déjà des compétences nécessaires et, parfois, de réseaux commerciaux existants. Par exemple, l’organisation « Smart Youth » en Tanzanie a constaté que de simples claies de séchage permettaient d’améliorer la qualité des algues que les femmes cultivaient déjà, ce qui s’est traduit par une augmentation de leurs revenus.
- Les compétences ont besoin d’un marché.
Les intervenants ont souligné que la formation ne génère que peu de revenus en l’absence d’un acheteur confirmé, et qu’il est essentiel d’évaluer au préalable la demande et la concurrence. Il a été suggéré que des démarches collectives, telles que la mise en place de centres de regroupement, puissent rassurer les acheteurs et renforcer le pouvoir de négociation des producteurs.
- Renforcer les institutions locales existantes plutôt que d’en créer de nouvelles parallèles.
Le recours à des structures existantes, telles que les cellules de gestion des plages et les groupes d’épargne, peut aider les communautés à s’approprier leur projet et favorise la poursuite de celui-ci une fois le financement arrivé à son terme. Comme l’a souligné l’un des intervenants, « les gens accordent de la valeur à ce qui leur appartient ».
La deuxième session, intitulée «De l’engagement communautaire à l’autonomisation », a présenté des exemples pertinents illustrant comment la participation peut déboucher sur l’autonomisation et le leadership, ainsi que les éléments permettant de mettre en évidence cette évolution. Parmi les principaux enseignements tirés de cette session captivante, on peut citer :
- Créez des espaces sûrs et distincts pour les voix les plus discrètes.
Les grandes réunions peuvent réduire au silence les femmes, les jeunes et les groupes marginalisés. Il peut en revanche s’avérer plus efficace d’organiser des consultations séparées et informelles permettant de faire émerger des idées qui, sans cela, passeraient inaperçues. Ces groupes peuvent ensuite être réunis au fil du temps.
- Fermet la boucle de rétroaction.
Il a été souligné que les personnes continuent à participer à une initiative lorsqu’elles constatent que leur contribution a des répercussions. Cela implique de leur rendre compte de la suite donnée à leurs idées et de leur confier de véritables responsabilités ainsi que des rôles décisionnels.
- Ne vous limitez pas aux chiffres de participation pour évaluer l’autonomisation.
Parmi les signes significatifs d’autonomisation, on peut citer le fait que les communautés apportent leurs propres idées aux projets, que les femmes et les jeunes exercent une influence sur les décisions et les budgets, et que les groupes continuent de négocier avec les pouvoirs publics et les entreprises une fois le projet terminé.
Au cours de la session n° 3 intitulée «L’innovation au service de l’impact », nos intervenants ont abordé l’importance de la co-création et du design, ainsi que la manière dont ces approches peuvent contribuer à garantir que les projets répondent aux besoins des communautés. Les principaux enseignements qui se sont dégagés de cette session sont les suivants :
- Ce sont les communautés qui sont les véritables innovateurs.
Les intervenants ont souligné que les conceptions les plus efficaces résultent d’une co-création avec les utilisateurs dès le début, y compris ceux qui risquent d’être lésés. Dans le cadre du projet « Iluminar el Mar » en Équateur, par exemple, les pêcheurs locaux ont contribué à déterminer l’espacement et l’emplacement des lumières sur les filets de pêche, ce qui permet de réduire les prises accessoires de tortues et de requins.
- Appliquez le principe, mais adaptez-le aux réalités locales.
L’idée centrale d’une innovation peut se transposer facilement, mais le travail de terrain doit être reproduit dans chaque nouveau contexte. Il a été souligné que même des communautés voisines peuvent présenter des différences dans leurs pratiques et leurs attitudes.
- S’attaquer à l’obstacle réel, qui est souvent d’ordre financier plutôt que technique.
M . Alner, bénéficiaire d’une subvention de l’OCEAN, a expliqué qu’à Jakarta, les propriétaires de petits commerces avaient adhéré beaucoup plus rapidement à un programme de recharge dès lors qu’ils ont pu gérer leurs stocks en consignation et ne payer que ce qu’ils vendaient. La principale leçon à retenir est que les modèles économiques qui tiennent compte des réalités financières des utilisateurs sont essentiels pour permettre à l’innovation de se généraliser.
Nous avons été ravis de voir plus de 400 participants se joindre à nous tout au long de l’événement. L’un d’entre eux a déclaré : « Cet événement a été un succès ; peut-être servira-t-il de modèle pour que nous et nos partenaires puissions atteindre et reproduire les résultats positifs qui ont été obtenus. »
Nous tenons à adresser nos plus vifs remerciements à tous nos intervenants ainsi qu’à toutes les personnes qui ont contribué à ces riches débats, et nous espérons vous revoir tous l’année prochaine !
OCEAN tient à remercier les intervenants des projets suivants : Prosper Global, Smart Youth Action For Ocean, Yayasan Mitra Insani, Badabon Sangho, Bintari Foundation, COMRED, Pan American Development Foundation, Project Zacchaeus, Reef Check Malaysia, Mare Nostrum Foundation, BEDS Bangladesh, Sea Women of Melanesia, ZSL Alner
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Crédit photo : Action for Ocean